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Sur-isolation, ponts thermiques et inertie

Réalisation Karawitz (Hors-série15)

La démarche passive recommande une bonne résistance thermique des parois, entre 6,6 et 10 m².°C/W, ce qui se traduit par 30 à 40 cm d’un isolant standard. L’enveloppe constitue un manteau isolant pour la maison. L’isolation doit être ininterrompue et les ponts thermiques traités. La construction doit favoriser l’inertie. A ce titre, l’isolation par l’extérieur est la technique la plus adaptée.  

La démarche passive ne fixe pas d’obligation au sens strict en matière d’isolation, elle recommande tout de même fortement une résistance thermique des parois (murs, sols et toit) supérieure à 6,6 m².°C/W (entre 6,6 et 10 m².°C/W) sous nos latitudes européennes. 

Isolation et inertie

Tous les isolants (laines, panneaux, vrac...) sont envisageables. Le calcul du point de rosée est impératif : l’eau ne doit jamais condenser dans le mur et surtout pas dans l’isolant. L’isolation par l’extérieur est quasiment généralisée en passif : c’est un moyen efficace de gérer les ponts thermiques situés aux points de jonction mur/toiture, mur/dalle etc. Le principe consiste à « envelopper » le bâtiment dans un « manteau » isolant continu. L’inertie et le déphasage de températures pourront participer au confort, notamment l’été, sous réserve de ne pas laisser pénétrer la chaleur dans le bâtiment : plus il y aura d’inertie, plus il sera difficile de faire redescendre la température après une surchauffe. 

En cas d’isolation par l’intérieur, les ponts thermiques devront être traités séparément. Dans tous les cas, le concepteur doit s’assurer que l’espace chauffé est isolé de manière continue.

 

Le niveau d’étanchéité à l’air dans une maison passive (ligne rouge) encadre le volume chauffé sans interruption et doit pouvoir être parcouru avec un stylo sans le soulever. Une règle similaire est valable pour le niveau d’isolation sans pont thermique (jaune). Les traversées, qui sont inévitables, doivent être soigneusement traitées et réalisées avec des matériaux à la conductivité thermique la plus faible.

Limiter les ponts thermiques

Les ponts thermiques sont la conséquence d’une rupture dans l’isolation qui peut se trouver dans la paroi, le toit et le sol. On distingue les ponts thermiques ponctuels (rares), des ponts thermiques linéaires. Ils peuvent également être dus à des contraintes géométriques (angles et rebords) ou au choix de matériaux, de percements et de branchements. Si les premiers sont difficiles à gérer, les seconds peuvent être considérablement améliorés par une mise en œuvre attentive. Ils sont généralement situés au niveau des dalles de balcons, planchers bas ou intermédiaires, raccordements de fenêtres, murs de refend, poteaux etc.

 

Quatre règles permettent de limiter le risque :

1/ Prévention

Dans la mesure du possible, ne pas interrompre l’enveloppe thermique

2/ Règle de pénétration

Là où une interruption est inévitable, la résistance thermique dans le plan d’isolation doit être aussi haute que possible

3/ Règle d’articulation

Aux articulations entre les éléments du bâtiment, les couches d’isolation doivent se rejoindre sans interruption ni décalage

4/ Règle de géométrie

Préférer autant que possible les angles obtus, les angles aigus favorisent en effet la dispersion de la chaleur.

Architecture et produits

Des astuces architecturales permettent de limiter les ponts thermiques. Par exemple, en séparant thermiquement le balcon du plancher de l’étage (par une coursive par exemple), ou en ajoutant une isolation supplémentaire à l’extérieure des menuiseries pour réduire les pertes liées aux connexions et augmenter les températures des surfaces internes. De nombreux « rupteurs de ponts thermiques » ont également été développés par les industriels. 

Systèmes constructifs et ponts thermiques

Pour une construction classique en parpaings ou en briques avec isolation par l’intérieur, les principaux ponts thermiques sont localisés à la liaison entre la façade et la toiture, au niveau des planchers intermédiaires, des murs de refend, des dalles de balcon et de la jonction entre la façade et le plancher bas. Avec une isolation par l’extérieur, il ne reste plus qu’à gérer le problème du balcon, sous réserve d’être attentif aux jonctions façade/plancher bas et façade/toiture.

Pour une construction en isolation répartie ou en mur manteau, le principal point noir reste la dalle de balcon, et la liaison façade/plancher bas.

Les constructions bois isolées par l’extérieur ne présentent pratiquement pas de ponts thermiques. Seule la liaison plancher bas/façade reste à traiter.

Calculer les ponts thermiques

Le coefficient de déperdition de chaleur psi Y est le calcul de base pour détecter un pont thermique. Il indique la quantité de chaleur en watt qui se propage à travers un matériau épais d’un mètre, lorsque la différence de température entre les deux faces est de 1°C. Une construction ne comporte pas de pont thermique si  PSI<0,01 W/m.°C.

Conséquences des ponts thermiques

La formation de ponts thermiques peut causer d’importantes pertes de chaleur ainsi que des dégâts dans une construction. Des éléments de construction mal isolés présentent de faibles températures de surface. Un taux d’humidité ambiant trop élevé peut entraîner des problèmes de condensation sur la paroi extérieure qui est bien plus froide que la température intérieure. Pire encore, le risque de formation et prolifération de moisissures et de spores sur les zones humides.

Une construction passive nécessite ainsi une grande qualité dans le choix des matériaux/équipements, mais également une attention de tous les instants dans la mise en œuvre. C’est pourquoi, la sensibilisation et un suivi attentif par toutes les entreprises sur le chantier sont incontournables pour atteindre la qualité requise par le label.

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