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Maison saine : un projet bien préparé

Photos : Gwenola Doaré

 

Partie d’une minuscule maison en pierre de 37 m², Marielle profite aujourd’hui d’un habitat sain, confortable et exemplaire à bien des niveaux. Le secret de la réussite ? Une bonne préparation du projet, une maîtrise d’œuvre exigeante, des matériaux et équipements de qualité et de bons artisans.

Retour au vert !

Comme plusieurs de ses frères et sœurs, Marielle a souhaité revenir habiter dans sa campagne d’origine, à quelques kilomètres de Nantes, tout près de la demeure familiale. Ce joli coin de verdure, situé dans les vignobles nantais, correspondait bien à son envie de se poser et de se mettre « au vert », loin de Paris et de son effervescence. Point de départ du projet : une toute petite maison en pierre de 37 m², jadis habitée par ses grands parents et acquise pour un prix raisonnable. S’ensuit une longue préparation. « J’ai tout de suite attaché de l’importance à la lumière dans le projet d’extension, explique t-elle. J’ai fait un relevé de l’ensoleillement et observé l’environnement proche pendant un an, pour aboutir à cette forme arrondie de la salle à manger et à la distribution des pièces. » Cette période est mise à profit pour se renseigner sur l’éco-construction. Un premier projet n’aboutira pas. C’est à la lecture d’Habitat Naturel n° 34, qu’elle découvre l’entreprise de maîtrise d’œuvre Alliance Bois au Naturel (article La Belle bio). C’est le déclic avec Isabelle et Jean-Yves Jouan.

Préparation du projet

« Marielle avait réfléchi à l’organisation intérieure de sa maison, avec les dimensions précises du mobilier qu’elle souhaitait intégrer, ce qui est assez rare !, explique Isabelle Jouan. Nous avons apporté notre touche architecturale et préconisé les matériaux et la performance thermique. » Il a fallu ensuite convaincre l’architecte des Bâtiments de France, la maison se trouvant en site protégé. « Nous avons échangé avec eux sur les points de blocage: la rotonde de la salle à manger, la couleur et les tailles différentes des menuiseries et le bardage couleur bois. Nous avons montré qu’il y avait des résonances architecturales avec du patrimoine local dans l’environnement immédiat et nous avons réussi à trouver des bons compromis. C’est ça le métier de maître d’œuvre ! Être le médiateur entre la réglementation et les désirs du client et faire converger les regards vers les bonnes solutions ! »

Ce temps de préparation est également mis à profit pour la réalisation d’une étude géobiologique qui confirme l’absence de failles ou de cours d’eau.

Une conception bioclimatique étudiée avec une grande ouverture au sud et une façade nord aveugle. 

Première étape : la gestion de l’eau

Le projet démarre par l’installation du système de phyto-épuration (Label verte / Eau Vivante) et de ses trois bassins dans le jardin. Marielle a opté pour des toilettes sèches et les bassins sont dimensionnés en conséquence. Les travaux des fondations des deux extensions qui viennent encadrer la partie ancienne, sont mis à profit pour enterrer également une cuve ronde en béton de 5 000 litres, pour récupérer les eaux pluviales. Surprise ! Les fondations mettent à jour de la roche volcanique qui fera l’objet de toutes les curiosités. Les volcans ne sont pas légion à Nantes !

Ambiance chaleureuse et saine : bois, pierre, gypse, terre crue... isolation et finitions naturelles, bio-électricité... 

Matériaux sains et biosourcés

La maison finie offre une surface habitable de 123,25 m², dont 31 m² à l’étage. L’ancienne maison est conservée, elle est occupée par le séjour. Elle s’ouvre d’un côté sur une ossature bois accueillant l’entrée, le local technique, une salle de bain, l’escalier et l’espace cuisine/salle à manger en rotonde. De l’autre côté, un bureau de plain-pied est réalisé également en ossature bois. La pierre apparente des murs de 60 cm a été conservée partout où cela a été possible. Il reste ainsi quelques ponts thermiques aux angles, côté sud, mais, au final, ils ont une faible incidence sur la performance globale du projet. Le mur en pierre côté nord a été doublé par l’intérieur avec 120 mm de fibre de bois semi-rigide, avant frein-vapeur hygrovariable. Celui-ci a été soigneusement collé au plâtre sur une résille aux angles du mur de pierre, pour garantir l’étanchéité à l’air. Une ossature secondaire porte un lambris non raboté, lasuré blanc.

La dalle de béton existante a été conservée. La nouvelle dalle a été réalisée en chaux mélangée à des billes de schiste. Le tout a été isolé par des plaques de liège sur 120 mm. Le mur nord de la partie neuve pouvant devenir mur mitoyen, il a été réalisé en briques monomur de 50 cm, pour faciliter une éventuelle construction adossée. Un vide technique précède une plaque de Fermacell côté intérieur. À l’extérieur, il a reçu un enduit à la chaux identique au mur en pierre attenant. Tous les autres murs sont en ossature bois de 145 mm, avec contreventement en OSB placé côté intérieur. Ces panneaux assurent l’étanchéité à l’air grâce à des adhésifs adaptés. Côté extérieur, des panneaux de fibre de bois semi-rigides (Pavaflex) sont installés entre les montants d’ossature, avant un panneau rigide Pavatherm Plus de 60 mm qui assure le rôle de pare-pluie, avant l’ossature secondaire qui porte le bardage bois en douglas. Au final, la résistance thermique des murs de la partie neuve atteint 4,9 m².°C/W. La charpente est traditionnelle et intègre les pièces anciennes qui ont pu être conservées. Au-dessus du frein-vapeur, 300 mm de ouate de cellulose ont été insufflés. Le pare-pluie est assuré par un panneau de fibre de bois Pavatherm Plus de 60 mm.

Détail de charpente de la rotonde avec installation en cours de câbles blindés. 

Les matériaux mis en œuvre et les finitions ont été choisis pour leur innocuité, mais également pour leur provenance, autant que possible en circuits courts. C’est le cas du plancher en chêne massif et des tomettes de terre cuite, qui ont reçu la même finition huilée en trois couches. La douche à l’italienne est en tadelakt et les murs de la salle de bain sont réalisés en béton ciré « Mortex » par un artisan local. Il s’agit d’un enduit proche du tadelakt, exempt de COV et imperméable à l’eau. Les peintures sont de fabrication française et également exemptes de COV. Tous les câbles électriques sont blindés contre les champs électromagnétiques. 

La performance thermique également 

« Nous avons choisi du triple vitrage de chez Minco, menuiseries qui présentent un bon rapport qualité/prix, et fabriquées dans la région, explique Isabelle Jouan. C’est peut être un surcoût de 100 euros par mètre carré vitré, mais cela contribue pour beaucoup à la performance thermique de la maison, notamment sur le confort d’été. » Des stores électriques à lames orientables permettent d’occulter totalement les vitrages côté sud et de fait, il n’y a pas de surchauffe. « Nous avons eu quelques fuites d’air au niveau des charnières, mais le produit a été amélioré depuis. En effet, le test d’étanchéité à l’air a été concluant avec q4=0,497 m³.h/m². Nous visions le niveau du label BBC-Effinergie pour le neuf (avec Cep= 38,29 kWh/m².an), même si nous ne pouvions prétendre qu’au label BBC-Rénovation. »

Même raisonnement, lorsqu’il s’agit de défendre le choix d’une VMC double flux: « Non seulement la double flux évite d’insuffler de l’air froid (96 % de rendement), mais elle permet de bien filtrer l’air et de bien répartir la chaleur dans toutes les pièces de la maison : ici, il n’y a qu’un poêle à granulés de 6 kW pour tout chauffage, en dehors d’un sèche-serviette. »

Marielle change les filtres une fois par an pour un budget de 80 €. Le poêle à granulés Revo de Rika donne toute satisfaction. La consommation est de l’ordre de 600 kg, soit 190 €/an avec un entretien d’environ 100 €. Il est placé devant un mur de terre crue qui apporte de l’inertie et permet à la chaleur de rayonner plus longtemps. L’eau chaude sanitaire est assurée par un chauffe-eau solaire de 300 litres, relié à 4 m² de capteurs thermiques, discrets en toiture.

Parfaite intégration de la partie ancienne en pierre avec les parties neuves en ossature bois et briques monomur. 

Plus besoin de musique !

L’atmosphère de la maison est sereine et propice à la détente. La vue sur le potager familial et sur le jardin fleuri est un régal. « C’est curieux, depuis que je vis ici, je n’ai plus besoin de musique, raconte Marielle. Le lieu ressource. Je passe parfois pour une originale auprès de mon entourage, mais petit à petit, je le vois changer aussi. »

Le label BBC-Rénovation a été attribué sans difficulté, avec une demande de titre V pour le poêle. Le projet, livré en 2012, a coûté 1 820 € TTC/m² pour 154 m², lot démolition et maçonnerie pierre compris. Si l’on intègre les honoraires de maîtrise d’œuvre, le BE thermique, la certification BBC-Effinergie, le BE étanchéité à l’air, l’étude sols et l’assainissement en phytoépuration, le projet revient en tout à 2 000 € TTC/m², hors aménagement extérieur. Un projet équivalent totalement neuf aurait coûté légèrement plus cher, mais aurait atteint de meilleures performances. Cette maison a permis de valoriser un bâtiment ancien qui n’était plus adapté à la vie moderne, tout en en conservant son cachet et son âme.

Fibre de bois : Pavatherm Plus et PavaFlex de Pavatex

Menuiseries : triple vitrage Minco 

VMC double flux : Zehnder

Poêle à granulés : Revo de Rika 

Peinture extérieur : Jouen

Huiles à bois : Nature & Harmonie 

 

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