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ITE et extension bois

Une pièce de plus, 3 fois moins de charges

L’agrandissement d’une maison est le moment idéal pour revoir son isolation. Avantage de l’ITE : le propriétaire peut rester dans ses murs pendant les travaux. Démonstration sur une maison des années 1970, construite en ossature bois avec l’isolation... de l’époque !

Texte : Gwenola Doaré – Photos : Eddy Fruchard & Gwenola Doaré 

C’est en faisant des carottages dans les murs qu’Eddy Fruchard de l’entreprise Bois & Paille a confirmé ce qu’il pressentait : cette maison de 45 ans était bien en ossature bois ! Certes, pas comme on l’aurait construite aujourd’hui, mais c’est une découverte plutôt rare à Poitiers. Le propriétaire se trouve un peu à l’étroit et interroge Eddy Fruchard sur la faisabilité d’une extension bois et d’une isolation, sachant qu’il dispose d’un budget limité, mais qu’il compte le faire du mieux possible.

La maison, d’environ 100 m², possède le charme des maisons anciennes, avec de petites pièces et une circulation centrale. L’ossature bois consiste en des tasseaux pris entre deux planches de contreplaqué, mais la structure est solide. Le contreplaqué avait été directement crépi. Les murs étaient isolés par 5 cm de laine de verre, tout comme la toiture portée par des fermettes. C’est largement insuffisant au regard des normes actuelles, d’autant qu’avec le temps, la laine s’est tassée dans les murs. Les menuiseries simple vitrage ont été remplacées dès l’achat de la maison en 2002. Sa facture de gaz s’élève alors à 600 € par an environ.

Côté est, en mitoyenneté, l’allée a été utilisée pour construire une extension bois de 20 m², désormais utilisée en chambre à coucher parentale. Eddy Fruchard a construit sur place l’extension, sa taille ne justifiant pas un travail de préfabrication. A la demande de son client, il a récupéré l’ancienne baie vitrée qui fermait la salle de jeux (ancien garage) à l’extrémité de la façade, et l’a reposée sur l’extension. « C’est un peu dommage, car même en bon état et de bonne qualité, elle n’est pas étanche à l’air, concède Eddy Fruchard . Mais cela permettait de réduire les coûts et de recycler la baie. »

Pour récupérer de la lumière naturelle dans le bureau désormais aveugle, un puits de lumière VELUX a été posé en toiture. « C’est un peu insuffisant pour éclairer la totalité de la pièce, mais c’est quand même une lumière très agréable, explique le propriétaire. Surtout par beau temps. En revanche, celui que nous avons posé dans la salle de bain est idéal : nous n’avons plus besoin de lumière la majeure partie du temps. »

A part le mur est, situé en limite de propriété, qui a été isolé par l’intérieur, tous les murs ont été isolés par l’extérieur par 145 mm de fibre de bois Steico à 55 kg/m³ (soit un R de 3,80 m².K/W) posés entre montants d’une nouvelle ossature (45 x 145 mm, en douglas) fixée par des équerres métalliques sur les murs existants. Un pare-pluie, également en fibre de bois (Isolair de Pavatex, R de 0,7) de 35 mm vient ensuite protéger le mur isolé. Le bas du mur est traité par des panneaux de liège, matériau imputrescible, encastrés dans le sol. Une lame d’air ventilée de 25 mm précède enfin le bardage pré-peint usine (Silverwood). « Nous avons soigné les retours de tableaux avec de l’Isolair, puis une bavette en aluminium, explique Eddy Fruchard. L’idéal aurait été de changer les menuiseries en même temps... En revanche, il n’a pas été possible d’allonger les débords de toiture, pour différentes raisons (pente de toit trop faible, tuiles à changer...) Nous avons donc posé également des bavettes aluminium sous le toit. Enfin, nous avons ajouté un œil de bœuf pour casser la façade et apporter un peu de lumière à l’intérieur »

De la ouate de cellulose a ensuite été pulsée sur 400 mm (320 mm après tassement) dans les combles perdus. Sur l’extension, 250 mm de ouate de cellulose ont également été pulsés, sachant que la toiture plate a été réisolée par dessus.

Le confort a été perceptible immédiatement. Le client a posé lui-même le lambris de sa chambre et en apprécie le confort et la luminosité. Au sol, il a posé du jonc de mer pour ne pas être 100 % bois.

La totalité des travaux respecte le budget initial avec 40 000 euros tout compris, dans un délai rescpecté (voir tableau). « J’aurai aimé ajouter un étage au-dessus de l’extension, regrette le client, mais les coûts augmentaient tout de suite, car il y a un travail de charpente. Ce sera toujours possible plus tard ! » Aujourd’hui, il profite d’une maison confortable, avec une pièce de plus et trois fois moins de charges, le tout pour 40 000 euros. 

LE CHANTIER EN BREF
Maison individuelle à Poitiers
SHON : 100 m²
ITE : fibre de bois (Steico et Pavatex)
Parement : bardage bois pré-peint (Silverwood)
Isolation toiture : ouate de cellulose insufflée
Travaux en plus : extension 20 m² ossature bois – pose de deux puits de lumière
Coût : 40 000 € 

 

Détails des temps du chantier par m² traité

(Source Bois & Paille)

Taches

Surface vide pour pleins

Temps en minutes/m²

Surface ouvertures déduites

Temps en minutes/m²

Ossature 45/145

66,6 42    
Isolation Steico 145 mm     44,6 22

Isoroof 35 mm

    44,6 15

Etanchéité raccord

66,6 7    

Bardage tasseaux

66,6   44,6 52
  Ml menuiseries Temps en mn/ml    
Habillage menuiserie aluminium 46 45    

Temps mesurés pour une équipe de deux personnes, sur cette maison de plain-pied : 208h dont 27h en préparation et logistique. Surface totale des murs traités : 66,6 m² dont 20 m² d’ouvertures.
« Surface vide pour plein » : surface pleine lorsque l’on ne déduit pas les ouvertures, celles-ci donnant un surcroît de travail. Selon les tâches, on privilégie les surfaces pleines ou non pour en estimer le temps.

 

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