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100% CLT

Tout commence avec une maison de vacances, à Vaux sur Mer, en Charente-Maritime. Longtemps, le petit pavillon a joué son rôle et reçu aux beaux jours les parents des maîtres des lieux, puis leurs enfants... qui ont eu des enfants. Et, un jour, la maison devient trop petite. Il s’agit alors de gagner en qualité de vie, en qualité architecturale, en qualité de construction... Le CLT apporte la solution.

Texte: Claire Leloy – Photos : TICA Architecture 

La maison d’avant

La petite maison de vacances de Vaux sur Mer a atteint ses limites. Devenue trop exiguë pour rassembler, même ponctuellement, enfants, petits-enfants, parents et grands-parents ce pavillon de plain-pied doit être sérieusement agrandi. Profitant de l’occasion, les propriétaires envisagent, outre un agrandissement et une surélévation, de corriger une conception initiale médiocre et de gagner en confort avec des matériaux de qualité. Trop petite, trop fermée, mal conçue, avec des matériaux de piètre qualité... qu’est-ce que cette maison a pour elle ? Des souvenirs et un très beau terrain de 800 m² en longueur, arboré, orienté face à l’océan côté sud-ouest. Le Coefficient d’Occupation des Sols appliqué à ce terrain permet une construction de 260 m²... 

En deux semaines, les murs, planchers et toitures ont été assemblés. Un chantier rapide qui ne laisse aucune place pour "le bricolage".

Le projet d’après

L’agence TICA accompagne le projet. Pour aider les maîtres d’ouvrage à préciser leurs souhaits, les architectes proposent différents scénarios : surélévation, bien sûr, mais aussi destruction/ reconstruction. « Malgré une enveloppe budgétaire «normale» voire modeste, il n’y avait aucune hésitation à avoir, explique Marie Périn, architecte en charge du projet. La bâtisse d’origine était de mauvaise facture et mal pensée : il n’y avait, par exemple, aucune ouverture en direction de la mer... Le surinvestissement que représentait une construction par rapport à un agrandissement, allait de pair avec une qualité globale bien supérieure et une surface habitable optimisée. » Le projet connaît ainsi sa première évolution : ce ne sera pas une rénovation, mais une construction.

Conception et confort de vie

Les concepteurs ont les coudées franches pour réfléchir à une construction cohérente avec son terrain... et ses habitants. L’architecture bioclimatique guide le projet afin que la maison tire parti de son environnement : implantation et compacité sont murement réfléchies de sorte à optimiser l’espace disponible, réduire les surfaces en contact avec l’extérieur (compacité avec un R+1), profiter du soleil (toutes les pièces s’ouvrent côté sud-ouest), de sa lumière, de ses calories... Au fil des échanges, les architectes de TICA saisissent une autre dimension du projet : son aspect intergénérationnel. L’idée de créer deux espaces distincts s’impose : deux maisons pensées comme un tout, reliées entre elles par des espaces communs au rez-de-jardin et une terrasse haute à l’étage. « Chacun peut se retrouver dans son espace et vivre à son rythme sans gêner les autres. » conclut Marie Périn. Une gestion astucieuse de la cohabitation qui convainc les propriétaires lorsqu’ils décident finalement que la maison de vacances... deviendra leur résidence principale.

Pourquoi le CLT

Si les propriétaires étaient sensibles à la qualité de la maison, ils s’en sont totalement remis à leur architecte pour les orienter et les conseiller quant aux choix de matériaux et de systèmes constructifs. Parallèlement, TICA visait l’exemplarité. Au tout début du projet un système constructif « ossature bois » a été envisagé. Mais les propriétaires étaient plutôt frileux à l’idée de la traditionnelle maison à ossature bardée de bois. Ils redoutaient un vieillissement peu amène du fait de la proximité de la mer et de l’atmosphère saline. Et, eu égard à l’aspect extérieur bois, il leur importait peu que les voisins constatent que la maison était en bois... Les architectes proposent alors l’exact inverse : du bois, massif (panneaux structurels CLT), visible dedans pour profiter d’une atmosphère agréable, et invisible dehors, car isolé par l’extérieur et protégé par un revêtement adapté aux rudesses du climat (plaques de Zinc, VMZinc et plaques de fibres Eternit). La solution CLT, qui a été choisie, a été largement soutenue par les architectes : « Cette solution constructive offrait un gain de confort, permettait de réduire les épaisseurs d’isolant et présentait un vrai plus pour l’étanchéité à l’air. L’aspect bois intérieur était également un atout. Il faut enfin ajouter que le CLT oblige à un travail de conception en amont... garantie d’une meilleure gestion des détails. En somme : il n’y a pas de bricolage sur le chantier. » Un chantier qui, du fait de la préfabrication est sérieusement raccourci : en 2 semaines les panneaux, avec planchers et toiture sont montés.

Deux maisons, une même qualité

Les panneaux de bois massif (Leno, Metsä Wood) ont été fabriqués sur mesure d’après les calculs de structure réalisés par l’entreprise de construction CMB. Ces panneaux présentent une épaisseur de 85 mm (5 plis de 17 mm), pour une longueur maximale de 10 mètres. Ils ont été utilisés pour camper toute la structure périphérique. Pour chacune des deux habitations, ces murs porteurs ont été isolés par l’extérieur : à la fois pour une meilleure efficacité thermique et pour laisser intacte la surface de bois intérieure. 80 mm de fibre de bois (Pavatherm +) ont ainsi été posés sur le panneau de CLT et recouverts d’une vêture en zinc après lame d’air ventilé. Les parois extérieures présentent donc une résistance thermique d’environ 2,7 m².K/W. Un degré d’isolation qui correspond bien à la douceur du climat local et qui dépassait de loin les exigences réglementaires (le projet a été conçu sous RT 2005, visant, sans prétendre à la certification, un niveau équivalent BBC). Côté étanchéité à l’air, les deux constructions passent les tests haut la main. Un gage de qualité de l’enveloppe qui, outre une surveillance de tous les instants lors du chantier, repose aussi et surtout sur le principe CLT et la continuité de la paroi : « Cette solution implique de prévoir les réseaux dès l’amont du projet. Les panneaux font ensuite l’objet, lors de leur fabrication, d’un pré-rainurage qui sera respecté à la lettre. » précise l’architecte. Pour les planchers intermédiaires, c’est un système de caissons (Kerto Ripa, Metsä Wood) qui a été retenu. En toiture, le platinage en lamibois (Kerto Q, Metsä Wood) est adapté au principe de toiture terrasse et sert de support d’étanchéité. L’isolation de toiture, posée par l’extérieur, est réalisée avec 260 mm de fibre de bois (Pavatex) renforcés par 40 mm d’isolant complémentaire. Cette paroi présente une résistance thermique de 7,2 m².K/W. Toutes les ouvertures ont été équipées de doubles vitrages mixtes bois/alu avec lame argon (Minco).

Confort maximal

Le bureau d’étude thermique sollicité sur ce projet (Axénergie) estime à 14 kWh/m².an les besoins en chauffage de l’habitation principale et à 25 kWh/m².an ceux de la maison des invités. Une nuance qui n’est pas due à une différence de traitement de l’enveloppe, ni d’orientation : « La différence entre ces deux maisons... c’est la taille et, à l’époque, le mode de calcul favorisait les grands logements. » Les deux habitations sont chacune équipées d’une pompe à chaleur sur système aquathermique, car deux cours d’eau souterrains se croisaient sur la parcelle. « Nous nous sommes assurés qu’il n’y avait pas d’eau saline, que le débit était conforme aux besoins... c’était le cas. Il nous a donc fallu descendre deux sondes à 7 mètres de profondeur, en amont et en aval du cours d’eau. » Cette source d’énergie est exploitée et ses calories démultipliées à l’aide de la PAC (dont le coefficient de performance affiché est de 4, un COP assez fiable sur un système aquathermique où la température de « la source » est constante). Ce système permettra donc aux propriétaires de bénéficier d’une chaleur économique : consommant 4 fois moins d’électricité qu’une solution électrique (à température équivalente). Les pompes à chaleur fournissent ainsi eau chaude sanitaire et chaleur pour le réseau de planchers chauffants basse température et les radiateurs. Un insert a été installé dans la maison principale en appoint, et surtout pour le plaisir, et une réservation a été prévue dans la maison secondaire pour un éventuel poêle si le besoin se fait sentir plus tard.

Au-delà des équipements, des performances estimées, des solutions mises en œuvre... un constat s’impose : cette double réalisation est magnifique. Tant du fait d’un projet de vie qui réussit à concilier famille et intimité, quotidien et vacances, grands volumes et multiples espaces... que de la qualité technique et architecturale qui cumule des matériaux exemplaires, une démarche bioclimatique et un système constructif intelligent et simple à la fois. La grande famille va pouvoir maintenant se construire de jolis souvenirs dans ce cadre idyllique.  

TICA Architecture

Marie Périn et Grégoire Barraud, les fondateurs de TICA, ont découvert le CLT dès les bancs de l’école d’architecture. Après quoi ils ont pu l’éprouver lors de leur collaboration avec l’agence dRMM à Londres qui l’utilisait abondamment, entre autre pour la réalisation de logements collectifs. En 2011, ils fondent en France l’agence TICA comme « This Is a Canvas Architecture ». Avec cette agence, ils misent sur l’interaction des talents et des compétences pour aborder des problématiques sociales, environnementales, urbaines.... et leur apporter une solution. 

 

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